Prédication pour dimanche le 19 novembre 2006 au Temple de Vallon
Lectures : Daniel 12, 1 à 3,  Hébreux 10, 11 à 18
Evangile :  Marc 13, 24 à 32
Cantiques : Arc-en-Ciel 25, 1 – 3 – 4 ; 634, 1 – 2 - 3 ; 475, 1-3
Spontanés : (AEC) 118, 1 ; 428, 4 ; 475, 2 ; 81, 8 ; 138, 2

L’automne, et notamment le mois de novembre, est une période qui nous invite au souvenir de ceux qui nous ont quittés. Nous sommes amenés à penser à la mort. Et aussi à l'au-delà de la mort. C'est ainsi que les lectures bibliques de ce dimanche nous parlent « des temps derniers », donc de la résurrection et de la vie éternelle.
Tout d’abord, nous allons écouter quelques mots du livre du prophète Daniel qui voit tout - et notamment tout ce qui concerne les choses dernières ! - entre les mains du « grand Prince ». Il forme un personnage symbolique qui porte le nom de « Michael » (ce qui signifie en Français : « Qui est égal à Dieu ? »). Écoutons dans Daniel 12, les versets 1 à 3 :
 En ce temps-là, se dressera Michel, le grand Prince, lui qui se tient auprès des fils de ton peuple. Ce sera un temps d’angoisse tel qu’il n’en est pas advenu depuis qu’il existe une nation jusqu’à ce temps-là. En ce temps-là, ton peuple en réchappera, quiconque se trouvera inscrit dans le Livre. Beaucoup de ceux qui dorment dans le sol poussiéreux, se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’horreur éternelle. Et les gens réfléchis resplendiront, comme la splendeur du firmament,  eux qui ont rendu la multitude juste, comme les étoiles à tout jamais.

L’épître aux Hébreux parle un peu plus clairement de Celui qui tient tout entre ses mains. Dans un langage familier à ceux qui connaissent les rites de sacrifices en Israël, il parle de ce souverain grand-prêtre qui s’est offert lui-même en sacrifice afin d'assurer la liaison entre Dieu et les humains. Siégeant à la droite du Très-Haut, c’est lui qui décidera du jugement. Autrement dit : le jugement sur nous, les humains, est assuré exactement par Celui qui, par amour, s’est sacrifié lui-même pour nous ! Écoutons dans Hébreux 10, les versets 11 à 18 :
Tandis que chaque prêtre se tient chaque jour debout pour remplir ses fonctions et pour offrir toujours à nouveau les mêmes sacrifices - qui sont à jamais incapables d’enlever les péchés, lui, par contre, après avoir offert pour les péchés un sacrifice unique, siège pour toujours à la droite de Dieu. Par une offrande unique, en effet, il a mené pour toujours à l’accomplissement ceux qu’il sanctifie. C’est ce que l’Esprit Saint nous atteste, lui aussi. Car après avoir dit : Voici l’alliance par laquelle je m’allierai avec eux après ces jours-là, le Seigneur a déclaré : En donnant mes lois, c’est dans leurs cœurs et dans leur pensée que je les inscrirai, et de leurs péchés et de leurs iniquités je ne me souviendrai plus.

L’Evangile d’aujourd’hui s’inscrit dans cette réflexion sur les temps derniers et sur le monde à venir, avec des paroles que Jésus a adressé à ses disciples, juste avant sa passion et sa mort. Il leur parlait non seulement de sa mort, mais aussi de la destruction du Temple, de cet édifice superbe et immense qui était considéré comme l’habitation de Dieu même sur Terre. Jésus parla en même temps des catastrophes, des cataclysmes qui feront toujours partie de l’histoire du monde.  Écoutons Marc 13, les versets 24 à 32 :
En ces jours-là, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne brillera plus, les étoiles se mettront à tomber du ciel et les puissances qui sont dans le ciel seront ébranlées. C’est alors qu’on verra le fils de l’homme venir, entouré de nuées, dans la plénitude de la puissance et dans la gloire. Alors il enverra les anges et, des quatre vents, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel, il rassemblera ses élus. Comprenez la parabole empruntée au figuier : dès que ses rameaux deviennent tendres et que poussent ses feuilles, vous reconnaissez que l’été est proche. De même, vous aussi : quand vous verrez tout cela arriver, alors sachez que le fils de l’homme est proche, qu’il est à vos portes. En vérité je vous le déclare, cette génération ne passera pas que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Mais ce jour ou cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne - sinon le Père.

      Bien chers amis,
on dirait que Jésus se soit trompé. Vous l'avez bien entendu : à propos de ce que l’on comprend facilement comme la fin du monde, Jésus dit clairement : « En vérité je vous le déclare, cette génération ne passera pas que tout cela n’arrive. »
Or, qu'est-ce qui est arrivé ? La fin du monde n'est pas survenue. Alors, il n'y a que deux solutions. Ou, Jésus s’est trompé, ou bien nous, nous avons mal écouté ou mal compris ce qu'il nous a voulu dire par ces paroles. Je me permets de faire un peu plus de confiance en la parole de Jésus qu'en notre bonne écoute, ainsi je vous propose de creuser un peu dans l'évangile d'aujourd'hui et aussi ailleurs dans la Bible Hébraïque à laquelle notre passage d'aujourd'hui fait référence, pour essayer de mieux comprendre ce que Jésus dit dans notre passage d'aujourd'hui.

Or, tout d’abord, on peut être étonné d'une certaine contradiction. D'une part, Jésus déclare que des faits catastrophiques vont très prochainement se produire (des faits qu'on peut comprendre comme la fin de la création) – et, tout à la fin de son propos, il dit que personne ne connaîtra le moment de la fin du monde - même pas lui, Jésus !
Il vaut donc la peine de regarder bien attentivement notre évangile. Car vu de près, il n’y a pas de contradiction. Jésus parle, tout au contraire, de deux choses bien différentes.
D’une part, il est question de catastrophes à venir. Jésus annonce des cataclysmes et des malheurs qui font et qui feront toujours partie de l’existence humaine et de l'histoire du monde. Il y aura des moments difficiles, il y aura des catastrophes, et les souffrances conséquentes – et, hélas, il faudra les prendre en compte, tant que nous serons en route ici-bas. Chaque génération rencontrera de telles expériences. On connaîtra des tremblements de terre et d'autres catastrophes naturelles, Il y aura des guerres, des persécutions, des violences... Aucune genération n'en sera épargnée.  Et, en effet, la génération des disciples de Jésus, après sa mort sur la croix, a dû subir des menaces et des persécutions, il y en avait qui sont devenus martyrs pour la foi...
Et puis, d’autre part, Jésus évoque la disparition du ciel et de la terre.  Ici, il parle donc et de la fin du monde visible et aussi du monde invisible, du monde de Dieu !!
Pour ce qui concerne ce deuxième propos (donc la fin du monde), Jésus est tout à fait clair : Le monde visible, c'est une partie de la création. Même le ciel, le lieu de la présence de Dieu, fait partie de la création. Et tout ce qui fait partie de la création, a un début et aura une fin. Tout ce qui est crée, est voué à la mort. Toute création va disparaître, à un moment donné. Le mode visible et le monde invisible disparaîtront donc tous les deux - mais personne ne sait quand et comment cela se passera - même pas le Fils de Dieu !

 Jésus, en parlant de l’avenir, fait donc une distinction très nette. Il ne parlera pas de ce qui va venir mettre fin au monde - que ce soit sa partie visible ou invisible. Jésus ne parle, pour le moment, que du « ici et maintenant ». Loin de s'aventurer dans les spéculations sur les mondes invisibles, Jésus préfère à orienter nos pensées vers ce qui est beaucoup plus proche. Il nous parle de ce dont nous avons tous peur. Il évoque ces évènements qui peuvent, en effet, nous faire penser à la fin du monde. Des évènements qui peuvent nous insécuriser, nous paniquer. Jésus sait que de telles catastrophes arrivent à nous paralyser à tel point qu'on n'arrive plus à penser à autre chose que la mort (et ne soit-ce que notre mort personnelle, car cette mort individuelle, évidemment, sera pour chacune, pour chacun d’entre nous rien d'autre que - la fin du monde !)

Les lectures bibliques d’aujourd’hui nous présentent donc des images bibliques qui peuvent nourrir des cauchemars - et qui ont nourri des croyances bizarres. Ils ont été à la base de maintes hérésies et superstitions populaires.
Mais relisez attentivement ces passages bibliques, et vous allez découvrir que dans la bouche de Jésus, ces paroles changent de sens. Ce qui, autrefois, désignait des catastrophes cosmiques à attendre pour un jour incertain, devient, dans la bouche de Jésus, une parabole, un signe qui nous est donné pour nous alerter. Jésus nous oriente sur des phénomènes qui ne nous sont pas du tout étrangers et qui peuvenet nous faire penser à la fin de toute chose. Prenez, par exemple, le tsounami, il y a deux ans : Pourquoi ce sinistre a-t-il suscité tant d’intérêt, tant de curiosité – et aussi tant d'entraide : En effet, à ce moment, il s’est passé le déluge - et, heureusement ! il est passé très loin de moi....

Jésus nous parle du soleil qui perdra son éclat et de la lune qui ne brillera plus. Il parle donc de la lumière du monde avec une image courante déjà à son époque. Le soleil, c'est le symbole de cette lumière éternelle à qui nous devons notre existence, mais qui, à des moments donnés, n'arrive plus à donner son éclat. Le soleil perd sa lumière. Et si vous vous souvenez de cette éclipse solaire que nous avons connu il y a quelques années, où tout devenait sombre, en pleine journée, et où même les oiseaux se taisaient, pour un long moment - nous comprenons bien facilement que Jésus ne parle pas d'une simple éclipse solaire, qui passe rapidement.
Martin Buber s'est servi de ce symbolisme pour parler d’éclipse de Dieu. En effet, il existe des moments dans l’histoire de l’humanité (et je pense que nous n'en sommes pas bien loin) où Dieu ne se fait plus sentir. Tout d'un coup, on se rend compte du fait que la présence de l’Éternel n’est plus à saisir. Tout se présente comme si Dieu s’était détourné de sa création. Dieu ne parle plus. Dieu semble être devenu inaccessible. Je pense à une ruche dont j'ai enlevé un jour la reine pour la marquer. J'ai été interrompu dans mon travail, et tout durait plus longtemps que prévu. Pendant un long moment, à l'intérieur de ma ruche, tout continuait comme avant. Le va-et-vient habituel et bien affairé des abeilles (que je peux observer à travers une vitre). Et puis, tout d'un coup, c'était la panique totale. Le désordre complet ! Or, gare à l'apiculteur qui attend trop longtemps pour remettre sa reine dans la ruche ! Il risque même de la faire tuer par les abeilles, denevues comme folles !
Et cela n'existe pas seulement dans les ruches. Dieu s'éclipse. Dieu est absent. Dieu se tait. Dieu se détourne. Une situation atroce, cruciale, presque inimaginable – mais tout à fait réelle. Est-ce la réalité que nous traversons, actuellement ? C'est bien possible. Les signes en sont apparentes. Mais on ne s'en rend presque pas compte – ou... pas encore !

Et la lune qui ne brille plus ? La lune, c’est cette lumière du ciel qui illumine la nuit du monde. L’éclat de la lune, c’est le reflet du soleil, orienté vers la terre.  Pour l’époque des premiers chrétiens, la lune qui réflétait la lumière du soleil sur la terre, était symbolisé par le Temple de Jérusalem. Pour nous aujourd’hui, on pourrait penser que c’est l’Eglise qui a pour vocation de refléter  la lumière de Dieu sur la terre.
Et voilà : il arrive que la lune perd son éclat.
Vous savez ce qui s'est passé, après la destruction du Temple de Jérusalem ? Qu’est-ce qui se passe, aujourd’hui, depuis que l’Eglise a perdu toute son autorité ? Depuis que, par exemple, les vocations de curés et de pasteurs se font de plus en plus rares ? Vous savez bien à quel point les foules sont en manque de repères. Vous connaissez, comme moi, des gens qui ont perdu toute orientation spirituelle. Il suffit de frôler la misère ou de rencontrer une catastrophe (individuelle ou générale). Dès que quelqu'un se voit confronté à une misère, la ou les personnes concernées sont rapidement persuadés que l’amour de Dieu ne les atteint plus. Dieu est mort. Et ses porte-parole sur terre n'ont plus rien de valable à dire.
Il suffit de regarder autour de nous pour constater à quel point les instances religieuses ont perdu leur rayonnement. Les symboles, les vieux symboles chrétiens, ne parlent plus à la grande majorité de nos contemporains. Même les autorités sont ébranlées. Les autorités qui, autre fois, servaient de phares, de points de repères. Elles sont aujourd'hui comme des astres qui tombent du ciel. Tu perds courage et tu perds toute orientation !

Mais Jésus nous dit : Dans de telles circonstances difficiles, ne faites pas comme les autruches, ni comme les gens de peu de confiance. Tout au contraire, ouvrez vos yeux, ouvrez vos cœurs, élevez vos têtes. C'est ainsi que vous allez faire une découverte extraordinaire.
Vous allez voir que, juste au moment où la détresse est la plus pesante, à l'instant où la souffrance arrive à te submerger, à ce moment où l’obscurité semble tout engloutir - le salut, la grâce, la lumière, la vraie sera bien plus proche encore que la souffrance !
Si vous ne vous laissez pas terrasser par les événements, vous allez faire cette découverte extraordinaire : C’est exactement dans de telles moments de crise que le dynamisme spirituel sera le plus fort !
Ne vous laissez donc pas abattre, et vous allez constater que de telles épreuves arrivent à devenir les moments privilégiés pour la rencontre avec notre Seigneur. Je peux même imaginer que cela peut être vrai pour nos églises : Une souffrance réelle, vécue en toute conscience, pourra nous approcher d'un renouveau inouï de la communauté chrétienne et de l’Eglise du Christ !

C'est même une promesse que nous fait Jésus ici, dans notre évangile d'aujourd'hui. Une promesse extrêmement importante. Jésus nous dit en toute clarté qu’avec lui, tout a changé. Depuis que la parole de Dieu a été faite chair, il n’y aura plus jamais  d’obscurité dépourvue de sa lumière. Il n’y aura plus jamais un danger sans la présence de celui qui sauve. Il n’y aura plus jamais une détresse sans consolation !      Quel message inattendu. Un message qui change tout  !
Mais ce n’est pas tout. Jésus va encore plus loin. Il nous donne une parabole : La parabole du figuier qui, à première vue, peut paraître bizarre. Pourquoi regarder le figuier quand l’été approche ? Ses branches deviennent tendres et vertes, c’est vrai - mais nous reconnaîtrons la proximité de l’été à beaucoup d’autres signes, bien plus faciles à répérer. Vous aurez des signes précurseurs de l'été qui seront pour vous peut-être même plus significatifs et plus parlants.

Or, il m’est arrivé de découvrir la parabole du figuier, en regardant mon figuier, ici, à Vallon. C’était autour de Pâques. Un printemps radieux qui donnait envie de se promener dans le jardin. Je le faisais, de préférence le matin, au moment où la rosée faisait étinceler chaque herbe aux premiers rayons du soleil. Et, un beau matin, j’ai eu une surprise : Mon figuier avait changé d’aspect, pendant la nuit ! Hier encore, il n’avait que ses branches nues, juste les pointes des branches se mettaient à devenir de plus en plus vertes - et ce beau matin, cet arbre à l’écorce lisse, gris-argentée, était parsemé de petits boutons. Et ces boutons avaient toutes - la forme de figues ! De toutes petites figues, pas plus grandes qu’une graine de moutarde - mais indubitablement des figues ! Vous pouvez facilement imaginer mon émerveillement et l’attention avec laquelle j’ai observé le développement ultérieur de mon figuier. J’ai pris toute une série de photos. Et voilà : en regardant ces petits boutons en forme de figues, je me suis souvenu de cette parabole de Jésus que je n’avais jamais compris - parce que j’ignorais tout du figuier - et parce que je n’avais pas très attentivement lu notre texte. Jésus dit :  « Apprenez la parabole du figuier ! Dès que ses rameaux deviennent tendres et que poussent ses feuilles, vous reconnaissez que l’été est proche. Et à continuer :
De même, vous aussi : quand vous verrez tout cela arriver,
alors sachez que le Fils de l'homme est proche, qu’il est à vos portes ! »
De même, vous aussi : Qui d’entre vous, ayant déjà entendu cette parabole, a fait attention à ce « de même, vous aussi » ? Pour celui qui regarde le figuier plein de boutons  (même ceux qui, plus tard, deviendront des feuilles !), cette interpellation est pleine de sens : Quand les autres arbres se parent de fleurs, quand sur les branches des autres arbres aparaissent les premières feuilles pour profiter de la vie nouvelle qu'offre le printemps, le figuier, lui, produit des fruits ! C’est à dire qu’il fait, à sa manière, exactement ce dont les Écritures parlent à tant de reprises : Il ne va pas se parer de ce qui ne sert qu'à lui.  Tout au contraire, il est prêt au service de son propriétaire. Il présente ce qui appartient au Seigneur de l’arbre !  Il donne ce qu’il a à donner. Autrement dit : il connaît sa raison d’être. Bien sûr, si vous regardez de près, vous le verrez facilement : Ce sont de toutes petites figues, des fruits minuscules. Et même en ceci, le figuier est notre image fidèle. Pensez, en toute humilité, à vos " fruits " à vous. Pensez à ces fruits d’amour et de paix, à ces fruits de compréhension et de répentance, à ces fruits de la foi qui, hélas, si souvent, sont si petits et si modestes - qu’il faut le regard d’amour de notre Père Céleste - pour seulement les découvrir...

Et voici que Jésus nous dit : Alors, vous, faites de même ! Vous aussi, comportez-vous comme le figuier à l’arrivée de l’été ! Il y aura des catastrophes, il y aura des souffrances. Il y aura des cataclysmes qui feront trembler tant de nos contemporains. Et si tout le monde ne voit que les désastres et les problèmes, si on ne parle que des obscurités des temps et des risques de plus en plus catastrophiques que nous courons, si les petits et les grands désastres personnels vous pèsent sur le cœur, alors, vous, les disciples, vous serez différent des autres. Ne vous résignez pas. Ne baissez ni la tête, ni les bras. Apprenez la parabole du figuier et faites comme lui. Produisez des fruits de paix et d’amour. Encouragez vos compagnons de route à relever la tête et à ouvrir les yeux : Il n’y a pas que les désastres qui paralysent. Il y a aussi ces fruits de la paix et de l’amour qui fleurissent - au milieu de l’aridité de nos souffrances. Témoignez, par les fruits minuscules que vous présentez à votre Seigneur, du fait qu’il est tout proche. Et témoignez aussi de ce fait surprenant que dans tout ce qui nous perturbe, tout ce qui nous bouscule, il se trouve, aussi, des fruits inattendus et surprenants, des fruits divins. Il est possible qu’il soient tout petits, il est probable qu’ils aient besoin de tout un été pour grandir et pour mûrir, pour contenter notre Seigneur. Mais il est certain, aussi, qu’ils sont destinés à lui - et aussi à celles et à ceux qu’il envoie à votre rencontre, pour en profiter dès maintenant - à sa place. Amen.

Seigneur notre Dieu, tu ne veux pas que nous nous égarions dans nos peurs et nos doutes,
tu ne veux pas que nous perdions courage et toute orientation vers ton salut. C’est pour cela que ton fils nous a parlé des catastrophes à venir. Sa parole nous prépare. Son évangile nous avertit : Il n’a pas voulu nous décourager, nous affaiblir,
mais, tout au contraire, il veut nous faire entrevoir l’essentiel : Il nous a rendu attentifs au fait que ton salut se montre parfois
au cœur des détresses les plus terribles, au moment des catastrophes les plus redoutables.
C’est ainsi que nous te prions de bien inscrire ta Parole dans nos cœurs, de façon que nous soyons préparés.
Donne que ta parole efface toute peur, toute insécurité, tout recroquevillement sur nous-mêmes.
Nous te prions aujourd’hui tout particulièrement pour celles et ceux qui passent à travers des catastrophes et des désastres personnels ou collectifs qui leur paraissent sans issue, sans survie possible.
Sois présent dans les ténèbres. Soulage les fardeaux, enlève les angoisses, fais don de la foi, de la confiance contre toute compréhension. Nous te prions pour tous ceux qui souffrent. Deviens présent pour ceux qui ne voient que le malheur,
accorde de la compréhension à ceux qui se sentent isolés ou perdus, et fais luire ta lumière dans les obscurités qui parfois nous rendent aveugles, infirmes, paniqués.
Et nous te prions pour Israël, ton peuple bien-aimé : accorde lui la paix qu’il attend selon ta promesse,
permets que ta présence devienne plus marquante que toute peur et toute méfiance, et qu’elle ouvrera un horizon nouveau,
pour que des signes de paix et de réconciliation se répandent de ce pays qui t’est particulièrement cher, jusqu’aux confins de la terre.